{"id":1968,"date":"2022-09-05T11:41:40","date_gmt":"2022-09-05T11:41:40","guid":{"rendered":"https:\/\/nalinnes.org\/?page_id=1968"},"modified":"2022-09-09T09:04:14","modified_gmt":"2022-09-09T09:04:14","slug":"songe","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/nalinnes.org\/?page_id=1968","title":{"rendered":"Songe"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/nalinnes.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Juin-1024x677.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1970\" width=\"709\" height=\"468\" srcset=\"https:\/\/nalinnes.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Juin-1024x677.png 1024w, https:\/\/nalinnes.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Juin-300x198.png 300w, https:\/\/nalinnes.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Juin-768x507.png 768w, https:\/\/nalinnes.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Juin.png 1126w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-uagb-container uagb-block-3f2c6e6a alignfull uagb-is-root-container\"><div class=\"uagb-container-inner-blocks-wrap\">\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#0792e3db\"><strong>Joli mois de Juin\u2026<br>Ce matin, le temps est splendide et semble vouloir le rester. Je suis sur la Place de Nalinnes Centre, le march\u00e9 est en pleine effervescence depuis des heures d\u00e9j\u00e0. Il n\u2019est que 10:00 mais la chaleur tente d\u00e9j\u00e0 d\u2019assommer les badauds. Je l\u00e8ve la t\u00eate. Par-dessus le clocher brillant de l\u2019\u00e9glise, par del\u00e0 la fl\u00e8che, le bleu, rien que du bleu. Un bleu si pur qu\u2019on pourrait se croire en hiver lorsqu\u2019il g\u00e8le, ce qui provoque une sensation \u00e9trange tant le soleil m\u2019\u00e9crase.<br>Hier, j\u2019ai dirig\u00e9 mes pas vers Ham-sur-Heure en longeant la rue \u00e9ponyme ; sans ombre aucune\u2026 Mes bras \u00e9carlates m\u2019indiquent qu\u2019aujourd\u2019hui, je dois focaliser ma ballade au maximum sous les arbres.<br>Je prends donc plein sud, rue de Gourdinne vers le bois de \u00ab Baconval \u00bb que je d\u00e9sire aborder par l\u2019ouest. Sur le pont qui enjambe le ruisseau du Moulin, je m\u2019arr\u00eate et me souviens\u2026<br>Il y a plus de 40 ans, lors de la grande p\u00e9riode d\u2019\u00e9gouttage et de r\u00e9fection des rues de Nalinnes, avec deux amis, nous avions d\u00e9cid\u00e9, au d\u00e9part de la rue d\u2019Acoz, tout au nord, d\u2019entrez dans les \u00e9gouts pas encore en fonction et dans lesquels nous tenions toujours debout. Nous avions travers\u00e9 la totalit\u00e9 du village pour aboutir derri\u00e8re la \u00ab Commune \u00bb (L\u2019ancien Bureau Police) dans le ruisseau pour continuer notre marche sous le pont sur lequel je me trouve ce matin. Toujours les pieds dans l\u2019eau, traverser sous la rue du Pairain, et la rue Lavalle, \u00e9viter les \u00e9tangs du Moulins reprendre notre parcours jusqu\u2019\u00e0 la \u00ab cascade \u00bb qui marque la limite de \u00ab Fontenelle \u00bb. Nous avions suivi les m\u00e9andres du ruisseau dans le bois du \u00ab Moulin \u00bb pour retrouver deux autres \u00e9tangs (on peut y observer, de temps \u00e0 autres, h\u00e9rons et cormorans pour autant qu\u2019on soit discret). Finalement, nous \u00e9tions arriv\u00e9s dans l\u2019Eau-d\u2019Heure, au lieu dit \u00ab Le Tordoir \u00bb \u00e0 Cour-sur-Heure. Nous n\u2019avions pas pouss\u00e9 plus loin notre escapade vers Cour-sur-Heure, Ham-sur-Heure, Jamioulx, Montigny-le-Tilleul, Mont-sur-Marchiennes et, enfin, La Sambre\u2026 A l\u2019\u00e9poque, nous \u00e9tions fascin\u00e9s de penser qu\u2019un f\u00e9tu de paille, souffl\u00e9 par le vent dans les \u00e9gouts, rue d\u2019Acoz, allait se retrouver, t\u00f4t ou tard, suivant un trajet immuable, dont nous savions maintenant tous les pi\u00e8ges, tous les trous, tous les m\u00e9andres, allait se retrouver disais-je, dans la Sambre \u00e0 Marchiennes, dans La Meuse \u00e0 Namur, puis dans la Mer , pr\u00e8s de Rotterdam. Avant la mer, il aurait rencontr\u00e9 un autre f\u00e9tu de paille jet\u00e9 quelque part dans les Alpes. Celui-ci aurait suivi un voyage commun au notre, pour rejoindre le Rhin. Avant de voir la mer, ils se seraient t\u00e9lescop\u00e9s, chacun fier de son origine, mais tout deux destin\u00e9s au m\u00eame avenir incertain.<br>Je quitte le pont en pensant que, maintenant que des stations d\u2019\u00e9puration jalonnent les vall\u00e9es, les f\u00e9tus de pailles n\u2019arrivent plus \u00e0 destination. Cela comporte d\u2019autres avantages.<br>Il est temps de profiter de cette merveilleuse journ\u00e9e de Juin. J\u2019arrive rapidement sur les hauteurs de Nalinnes apr\u00e8s avoir crois\u00e9 le haut de la rue du Pairain et long\u00e9 la derni\u00e8re ferme avant la province de Namur. Je m\u2019arr\u00eate encore une fois et profite du panorama grandiose repr\u00e9sentant mon village comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 une visite importante.<br>Il est 10:45, la chaleur se fait de plus en plus tenace. Je croyais profiter d\u2019un peu de fra\u00eecheur \u00e0 240 m\u00e8tres d\u2019altitude. Las !<br>Avant de prendre le petit chemin qui m\u00e8ne dans la for\u00eat, \u00e0 droite, je ne peux m\u2019emp\u00eacher de contempler le clocher de la basilique de Walcourt qu\u2019on peut apercevoir tr\u00e8s distinctement pour peu qu\u2019on descende d\u2019une centaine de m\u00e8tres vers Gourdinne.<br>Changement de d\u00e9cors. Des gouttelettes perlent encore sur les toiles d\u2019araign\u00e9e, t\u00e9moins d\u2019une nuit humide. La for\u00eat, en cette p\u00e9riode, est d\u00e9j\u00e0 dense. Les rayons de notre astre, pourtant patient, n\u2019ont pas encore pu en faire dispara\u00eetre les traces. Je peux d\u00e8s lors apercevoir, ci et l\u00e0, d\u2019improbables diamants qui, selon ma position, s\u2019offrent \u00e0 mon regard pour dispara\u00eetre aussit\u00f4t.<br>Au carrefour, je prends \u00e0 gauche (all\u00e9e Sud) et m\u2019enfonce sur le chemin o\u00f9, si je reste silencieux, je sais que je pourrai observer un \u00e9cureuil, un Faon ou m\u00eame, parfois, les bois d\u2019un cerf qui sit\u00f4t m\u2019avoir aper\u00e7u, d\u00e9guerpira vers Thy-le-Ch\u00e2teau.<br>Une fra\u00eecheur toute relative s\u2019est maintenue et je peux admirer les arbres en toute qui\u00e9tude. Pas un bruit. Pourtant, j\u2019entends une source. Etrange, j\u2019ignorais son existence. Je m\u2019arr\u00eate et \u00e9coute la for\u00eat me parler. Ce n\u2019est que la tr\u00e8s faible brise qui fait se frotter les feuilles sur les cimes les plus hautes des arbres. Je d\u00e9bouche finalement dans la rue Lavalle, sur la route de Thy.<br>Soit je m\u2019enfonce de nouveau dans le bois vers Thy-le-Ch\u00e2teau, soit je retourne vers Nalinnes. Je prends finalement cette direction mais juste avant l\u2019or\u00e9e, je m\u2019enfonce dans le petit chemin sur la gauche qui longe les champs situ\u00e9s entre la rue et les \u00e9tangs du Moulin. Je vois au loin un p\u00eacheur qui semble aux prises avec une perche solide ou une petite carpe. La distance m\u2019emp\u00eache de bien distinguer. Ma joie est profonde comme le bleu du ciel. Une impression de bien-\u00eatre m\u2019envahit. Je revois mes 10 ans parcourant les champs, les routes et les ruisseaux, grimpant dans les arbres, p\u00eachant dans les \u00e9tangs, rentrant au bercail les jambes douloureuses, non pas de fatigue mais portant les stigmates des coups de fouet des bl\u00e9s et de l\u2019orge jaunissants et, pensant d\u00e9j\u00e0 au lendemain qui brille, m\u2019endormir en r\u00eavant de choses simples.<br>Je rejoins maintenant la rue du Hameau en empruntant la rue de Fontenelle. Avant d\u2019atteindre celle-ci je repense \u00e0 une institutrice. J\u2019avais la f\u00e2cheuse habitude de renverser son caf\u00e9 lorsque, trop impatient pour voir mon travail corrig\u00e9, je me pr\u00e9cipitais \u00e0 son bureau.<br>En descendant vers le Centre, je passe devant la ferme \u00ab Jopart \u00bb, souvenir d\u2019un apr\u00e8s-midi de f\u00eate \u00e0 l\u2019occasion des \u00ab Confirmations \u00bb. Je sens encore l\u2019odeur de la paille dans la grange. Nous y avions jou\u00e9 longtemps.<br>Tiens, je vais prendre par les \u00e9coles, rue des Couturelles. Je pourrais y rester des heures durant.<br>Faites un jour cette d\u00e9marche. Passer devant votre \u00e9cole communale. Les souvenirs ne mettront pas tr\u00e8s longtemps \u00e0 venir vous bercer. Par la pens\u00e9e, je remercie mes instituteurs pour les moments pass\u00e9s \u00e0 les \u00e9couter. Mme Colonval, Mme Hennaux, Mme Evrard, Mme Masy, Mme Dardenne, Mme Pector et, bien entendu, l\u2019in\u00e9narrable Mr Hypersiel pour lequel je garde une tendresse profonde.<br>En descendant vers la rue du D\u00e9p\u00f4t, je pense \u00e0 un vieux Monsieur qu\u2019on saluait tous les matins qui, je crois, s\u2019appelait Adelin. Il avait d\u00fb voir passer tout Nalinnes, voir grandir les enfants et les m\u00eames enfants emmener leurs prog\u00e9nitures bien des ann\u00e9es plus tard. J\u2019imagine qu\u2019il n\u2019est plus de ce monde. Qui sait ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#0792e3db\"><strong>Voil\u00e0, il est maintenant presque 13:00. Je d\u00e9bouche sur la Place o\u00f9 les maraichers sont d\u00e9j\u00e0 presque tous partis. Je passe chez le boulanger je monte sur le Kiosque et observe une fois encore les maisons, les gens, les rues. Je me dis que j\u2019ai de la chance\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"class_list":["post-1968","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nalinnes.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1968","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nalinnes.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/nalinnes.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nalinnes.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nalinnes.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1968"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/nalinnes.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1968\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2059,"href":"https:\/\/nalinnes.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1968\/revisions\/2059"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nalinnes.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1968"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}